Madame rêve
Mathilde Benignus, Benignus,
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Madame rêve

LES FEMMES EN MOI

Le temps d’une soirée, faire ressurgir celles qui ont fait de moi une femme. Je reviens en arrière, je relis mes fondamentaux et puis : « On ne naît pas femme, on le devient ». Oui mais laquelle ?
En prenant le parti de dire : „en moi se trouve une multitude de femmes“, je pense la performance comme un acte à la fois politique et autobiographique. Dire « je », pour assumer les pluriels qui se cachent derrière l’artiste femme. Ne pas dire « nous », « tu » « il » ou « elle », car ce qui se dit là n’a rien à voir avec le discours. Il me faut puiser dans les rencontres avec ces autres qui m’ont accompagnées, puis les mélanger à ma propre expérience et laisser les liens surgir. Morceaux choisis, instants vécus, ces états intérieurs commémorent le présent. Mémoire intime d’évènements qui se rejouent en moi car ils veillent littéralement à mon chevet. J’active cette mémoire en un clic d’interrupteur, une lampe s’allume, la parole se libère, une chanson de Bashung reste suspendue un instant, puis j’éteins et recommence.

Travaillant autour de la transmission et de la passation depuis des années, j’interroge les fondements, les éveils et les ruptures qui ont formé la femme autant que l’artiste, l’artiste qui vit avec la femme et inversement, les deux rôles étant si intimement liés.

Créé lors du Festival Strasbourg is a woman à l’invitation d‘Adélaide Golis et performé à La Station LGBTI en mars 2014.

„Madame rêve“ is a performance about all the plurality of women inside me, where I recall both the good and bad encounters that have made me a woman. „One is not born, but rather becomes a woman“ said Simone de Beauvoir. True, but which one?

Photo : Léa Silvia Moneta Caglio. Vidéo sur demande. Reprise d’Alain Bashung „Madame rêve“ (1991).